mercredi 17 juin 2009

Chapelle ardente.

Orgue démiurge ; Tessiture Cènesthésique


Aux cheminées d'usines adossées,
Les coeurs bruinent
Mains feintes


Au sortir des alcools de nuit,
La Terre tangue
Pores suintent


Les psaumes caleux
virvoltent sur ces pistons fulgineux
Echarpe-sillage de sons-signes


Le ciel est vide
Tout fait est annulé par le suivant.



Cornen.

Le 17 juin 2009.

lundi 22 décembre 2008

Ciel de traine...

De villes étagées
En aciéries lithographiées,


Les mains-vivantes d'aspérités ont brunies;

O conques schistiques



Tu é le chemineau



D’une larme tatouée
En vin perlé,


Les vagues scélérates d‘eau de vie sont constellées;

O pulsations stroboscopiques



Qui se prose titube,




Nativité.



Cornen.

Le 22 décembre 2008.



dimanche 30 septembre 2007

Per-ce-voir...

Homme-licorne à tête de papillon striée de veines,

Chique d’opium…


Fleur d’harmonica vitrifiée,

Parquet de ciel…


Succédané du Bic, le Leica ou...

Instants tannés…


Ecluser à s’en briser les tympans,

Chiens de jaunes…


Gravir la paroi d’eau,

Cendres blanchies…


Ils lamentent les caïmans post-mortem,

Doigts gourds, pieds griffus…




Nuage cynocéphale, sorte de boule de papier froissée,

Crève du poids du secret…


Cette vigie-totem scrute la houle aux plaintes des cormorans,

La foule fourmille, no man’s land, genêts flexion…


La mer nous regarde,

Goémon médusé rouge-aubergine…


Les pierres s’allument,

Je veux dire en cela qu’elles réfléchissent nos perceptions…


Avorté de dessein,

Portes tambours…


Joug de la religion du destin,

Peuple invisible…




Se souvenir de tout ce qui

Ne nous est jamais arrivé...


Herbe charnelle âpre

A l’un co-errance...


Cela est, sans rien de plus.


Cornen.

Le 30 septembre 2007.



samedi 25 août 2007

« La semaine sanglante »

Dans les vapeurs

du petit matin,

Il pleure

des ombres ;

Larmes de boue

gisant sur le pavé mordoré,

Humanité foulée,

silence acidulé...


On les sait marchant,

tempes bourdonnantes

Au temps aliénant,

horloge galopante…

Leurs pores résonnent

du gong des heurts,

Hâves de misère

on ne les distingue pas de leur labeur…


Ils approchent,

on les pressent…

La pluie rouille leurs yeux

sous ce plafond de terre…

Floués aux ventres des usines-cathédrales,

certains encore espérent

Leurs poings d’honneur ferrés

à s’en briser les chaires…


Cornen

Le 25 août 2007

dimanche 17 juin 2007

Nuit d'été bretonne...

Je suis las, j’attends l’ondée

Avec pour horizon un dais de feuillage étoilé

Me séparant du plus proche pour m’ouvrir au plus lointain, l’obscurité

En-voûte mes perceptions modifiées...


Instant tréflé : silence, simplicité, réalité

Plénitude, baromètre plutôt que sablier

Je fais partie du tout et ça y est, enfin,

J’entends la pluie, je suis l’oint...



Cornen
Le 17 juin 2007

dimanche 22 avril 2007

Isaac...

Sa respiration décrue,
Pour devenir le souffle rauque qui plût
Aux esprits de la nuit,
Qui, eux aussi, vinrent à ses pieds meurtris ;

Il frémit, et dans un ultime effort,
Il pleura, la rage, le désespoir;
Qui des mois durant fut son seul réconfort,
Ainsi, il s’écroula en crachant goutte à goutte son sang noir.

La tâche oblongue sur sa tempe s’élargissait
Eclaboussant de « quête-stion » notre absurdité
Et il mourut un singulier sourire aux lèvres dessiné :
Assassiné.

Cornen
De décembre 1993 à avril 2007.

samedi 21 avril 2007

L'arbrisseau...l'arbre-ruisseau...

Frondaison bruissante,

Luminosité changeante;

Racines ésotériques,

Rythmes océaniques...


Roulis éolien, nid tanguant,

Balbutiant sous les éléments;

Grelottant de toutes ses végétales ramifications,

Oscillations frivoles, cérébrale inclinaison...


Erosion permanente, source de tumulte,

Usure de la lutte,

Glisser dans le lit du torrent

Confrontation, rivalités des éléments...


Bras noueux gorgés de sève, vagues d’ondées,

Corps constitué d’eau, enfant émergé,

Par le zéphyr bercé

Sur le ru ondoyé...


Cornen
De juin 1997 à avril 2007...

samedi 14 avril 2007

Estaminet...

Mon regard atone

Reflète dans ses brumes la corne du désaxé

Gargouilles animées de lueurs malsaines

On marche, on vagabonde…


De pathétiques églogues, un entêtant juke box

De triviaux et anachroniques adamites

Obscurcissent ma vision

On danse, on s’étourdit…


Boire jusqu’à l’hallali

Le filtre du trépas, maté

Spasmes, étreinte charnelle avec l’Ankou

On s’enivre, on s’avine…


Vapeurs bleutées et aoutées d’où s’extirpent les songes

Pour quelques myriades de frémissements, Craven A, ...

Errance spirituelle au pays du nébuleux : « Le vers luisant »…

On inHale, on s'exHale…


Pauvre Icare de Carnaval,

Brûlé par la source de chaleur vulnéraire

Thaumaturge aliéné

On dialogue, on s'harangue…


Mes larmes de lave scalpent mes pommettes

Trompes mugissantes du Nabucco, échos caverneux,

Entre espoirs et crainte

On rit, et on s’en retourne.


Cornen.
Le 14 avril 2007.

samedi 24 mars 2007

Lullaby (ou Clichés)

La pluie bruisse, ciel de ciment

Seul le réverbère laisse entrevoir qu’il bruine, doucement

Crépuscule, trouble nuit

Le crachin noircit le bitume gris.


Les néons de la ville ébleuissent nos visages hâves,

Détrempe d’émotions, figurines maculées, ocreuses,

Prisme de notre psyché, aux reflets seuls connus des autres,

Autoportrait fantastique à l’Arcimboldo…


Je regarde des photos qui n’ont jamais été prises,

Réminiscences, décentration, mise en abyme, vertige…

Chemin de Notre-Dame, chantier, gauloise caporale, baratin

Deux mains, allée ombragée, autre fois…


Se taire pour mieux regarder ou feindre de regarder pour mieux se taire,

Voir n’est pas comprendre, les « voiex», le temps les altère…

Comment parler des morts à ceux qui ne les ont pas connus ?

La pluie, diagonale, prend la tangente…


Cornen
Le 24 mars 2007

vendredi 2 mars 2007

2006

On ne s’est pas dit au revoir…


Mon père qui est aux cieux

Tu as levé l’ancre…

Tu as pris le bateau de nuit,

Celui qui emporte les âmes (Anaon !)…


Au creux de ce canot tu es allongé,

Lit aquatique é-mouvant… tendu aux voiles du souvenir…

La mer d’Iroise n’est plus alors que le nid irisé

D’un immense œillet à fleur de terre et de ciel vert de gris


Tu restes adossé à ton mystère, sur le bois peint de cette plate,

Chêne d’algues et de rochers,… lichens.

Mer, la mer, celle où tu as refusé d’embarquer,

Mère, la mort, celle qui fut ta grande déchirure


Va, je te laisse, godille, l’autre rive est là,

Je sais, chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière...


« Tout seul », disait Alain, « universellement ».


Cornen

Pour le 18 août 2006

1996

Chester, bières, fish and chips, déambuler…

Effluves, écoper, embrumer…

Sonnerie, de battre ton cœur s’est arrêté…

Silence, gros orteil, soleil feutré…

Sami, vol Manchester-Paris…
Décomposer, recomposer, ménagerie…

Cheveux au vent, goémons aux tempes…

Pour qui sonne le glas ? Il retentit pour toi, en nous…

Enfouir pour mieux garder…

« Six pieds sous terre », papa, « tu n’es pas mort »…

« Six pieds sous terre », papa, je t’aime encore »…

Un grain, le diable se bat avec sa femme, alizés…

« Elle est retrouvée ! Quoi ? L’éternité.

C’est la mer mêlée au soleil ».

Kenavo, pa’

Cornen

Pour le 18 août 2006

dimanche 25 février 2007

Gouérou...

Vision crépusculaire, jour et nuit s’entrelacent, le ciel sombre dans l’immensité aquatique, opaque et brusque…
Bref instant où deux états successifs du temps semblent devenir deux domaines limités de l’espace…
Alors, seule la lumière, rubiconde, répond, lame de feu,
ondulant à la surface des flots

Voila que reprennent ces vagues qui cognent et résonnent au plafond de nos nuits
érodant les ombres fugitives de notre Histoire...
La lune crisse sur le granit d’un calvaire.
La mer sent la nuit, elle halète…

Vague attente, vagues latentes

Face à l’océan, ces rochers, veilleurs de pierres,
ravinés, ont mis un genou à terre.
Face à l’océan, ces casemates, sentinelles de béton,
déséquilibrées, ont chu.
Les marins, à contre jour, funambules incertains, errent sur la crête des vagues ;
A contre courant(et contre...toute...attente), l’Homme, frêle statue du commandeur, oscille sur l’arrête des côtes…

On ne vit pas ici, on passe (au souffle du noroît)
Haleine boréale, labyrinthique aurore
Goutte à mot, route que coûte
Méharée qui voit sourdre l’Homme…

Mélopée du clapotis berçant la côte, étale,
nourrissant de ses embruns la lande assoupie…
Nous frissonnons, l’armérie maritime point.

Cornen
Pour le 26 février 2007.



mercredi 17 janvier 2007

Ensemble...

Humer le voile opaque de ta peau
Imbibée de ta sensualité
Vénusté éclatante...


Subodorer ta gestuelle
Jais, émeraude et nacre...


Boire l'ombre de ton profil
Epris de la musicalité de ta chevelure
Inhaler l'iris de ton coeur...


Sonder les méandres de ton esprit
Par le Styx, JE T'AIME...


Caresse du soleil!!! Dis en ô temps!!!

Cornen
Pour le 18 janvier 2007.

vendredi 5 janvier 2007

A toi...à nous...

A toi, qui fut humble mais valeureux,

Qui n’a pas craint de devenir…


A toi, qui avançait, nomadisait, théâtralisait,

Toutes tes marches étaient spirituelles et faisaient cercle (triskell)


A nous, qui faisons partie de tes traces,

Tu offres cette liberté, silencieuse et éphémère, que le temps altère

Mais qui se rejoue en nous


A nous, qui rêverons longtemps encore dans les empreintes de tes pas effacés

Qui flottent désormais sur la lande lampaulaise comme un encens marin


A toi qui est parti, rien n’est changé…

Même si plus rien n’est pareil…


A toi, dont la mort rappelle la vie,

D’insulaire version singulière… bonté


A nous, qui sommes envahis de toi,

Petite pensée constante qui embrasse le quotidien.


A nous, tu passes le flambeau avec ce message :

Agissez comme si le prochain pas était le dernier, ce qu’il est


Au temps, qui laisse le passé exister au présent,

Il n’existe d’ailleurs que tant qu’il n’est pas passé,


A moi ! J’écoute le bruit que fait le temps et

J’entends en écho son reflet, l’espace, parler de ton absence…


Cornen

Pour le 18 août 2006.